lundi 9 février 2009

La « formation initiale continue » du 1er degré non assurée dans le Rhône

Les nouveaux titulaires ont droit à 4 semaines de stage en première année(T1), 2 semaines l’année suivante (T2).
Ces stages sont de la formation initiale continue. Ils sont définis dans le cahier des charges de la formation des maitres. L'employeur, donc le Ministère, a obligation de l'organiser.
Dans le Rhône, faute d’un recrutement à la hauteur des besoins sur la liste complémentaire du concours de recrutement de professeurs des écoles, de nombreuses classes sont aujourd'hui sans maitres faute de remplaçants. La situation est devenue tellement grave, que fin janvier l'IA a décidé d'annuler les stages T1 : plusieurs groupes n'ont ainsi pas eu leur 2e semaine de stage. Cela permet de récupérer entre 60 et 80 remplaçants par semaine pour gérer les congés de maladie.
Après les vacances, devait commencer la 3e semaine de stage. Pour le moment, les stages des groupes qui devaient avoir lieu les 2 premières semaines après les vacances sont annulés. Rien ne dit que les autres semaines de stages seront maintenues.
Cela est une violation au droit a la formation initiale des enseignants et ne laisse rien présager de bon pour le droit à la formation continue des instituteurs professeurs des écoles SUR LEUR TEMPS DE TRAVAIL qui est un acquis social depuis plus de 40 ans.
Qui pense encore que les plans de formation T1 et T2 subsisteront après la mastérisation du recrutement ?

samedi 7 février 2009

Une semaine d'une sacrée trempe

Pluie d’été l’hiver
On est vendredi.
Lundi, c’était l’AG de Lyon 1, à la Doua. Dans l’amphi, à peu près plein, le début d’une grève se vote et ensuite, on discute des modalités de la grève. Cela signifie qu’il faut organiser la vie ordinaire en introduisant du refus. En termes pratiques : attaquer ce que l’on peut atteindre pour atteindre ce que l’on veut attaquer. En termes terribles : nuire aux étudiants pour nuire aux décideurs. Comme tout cela est injuste et désagréable, il faut discuter et essayer de se mettre d’accord. Le collectif de l’IUFM quitte l ‘AG en laissant les enseignants-chercheurs à leurs affaires.
Mardi, le soir, la nuit de l’IUFM, on dit « nuit nationale des IUFM ». Le collectif a pris toutes les précautions pour que cela se passe bien.
Quelque chose a changé, ces derniers jours : les étudiants, les stagiaires se mobilisent. Ils mobilisent. J’interprète, un peu, de cette façon : il y a belle lurette qu’ils voient que les enseignants de l’IUFM, leurs enseignants, se laissent faire. Se laissent intégrer, pour leur bien, laissent faire des maquettes en ayant plus ou moins le droit de participer à leur confection, plus ou moins le droit de figurer dans leur grille (une maquette, ça a des grilles ?), pour leur bien. Ils disent « Mais, alors, vous allez disparaître ? ». On répond « Ben oui, en réalité, pas tout à fait, enfin, on ne sait pas, moi, je me retrouverai en lycée, moi, je retournerai dans mon école, moi, je serai à la fac, moi, je…, moi, rien du tout, je me demande bien ce qu’ils feront de moi… Et les locaux ? Cette Tourette, si belle, ce Clos, si joliment nommé… Là, ce sera un collège, là, un centre de regroupement pour des cours de connaissance du système éducatif… » Et ils nous regardent et je vois dans ce regard un reproche interrogatif « Vous ne faites rien ? » Non, on ne fait rien, ce ne serait pas élégant, de rouspéter. Nous sommes si différents, si divers, si séparés. Ça ferait Ecole Normale, ça ferait corporatiste. Il y a belle lurette qu’on nous raconte qu’on a de la chance d’être à Lyon. Qu’ailleurs, l’intégration ne se passe pas aussi bien. Pour notre bien. Comme dans la bourrasque, on se met à l’abri, il y aura des pertes, mais le moins possible. On devra être contents de ne pas tous être morts. Il y a belle lurette. Alors, quand il y en a eu pour se lever et s’appeler « Collectif », les étudiants et les stagiaires ont été soulagés. Comme s’ils nous voyaient nous ressourcer à une fierté insue. Comme s’ils pouvaient –enfin !- puiser dans notre rébellion la possibilité de se battre, eux aussi. Comme si, enfin, nous pouvions rejoindre ceux qui s’étaient déjà levés, les RASED, les LC, les désobéisseurs, ceux des écoles, les parents.
Mercredi, l’AG est à midi et quelque. Mais ce n’est plus pareil. L’amphi est trop petit pour que chacun y soit assis. Il y a eu l’idée des masques, dans la manif du 29 janvier qui était plus grande que nous, il y a eu les masques, le noir des habits, le nombre, le blanc des masques, le nombre. Alors, on s’est mis à exister. Avec les jeunes. Ça y est. On a fait l’expérience d’être ensemble. On discute des modalités de la grève et on n’est pas d’accord. Cela signifie qu’il faut organiser la vie ordinaire en introduisant du refus. En termes pratiques : attaquer ce que l’on peut atteindre pour atteindre ce que l’on veut attaquer, etc. Nos étudiants à nous, ils passent des concours, les concours sont demain. Sans compter ceux qui ont moins d’heures de cours que les autres pour le préparer… Il y a aussi les pertes de salaire, les différences…
Les journées du mardi et du mercredi sont consacrées à l’organisation de la manif et à la distribution de tracts écrits dans des ateliers. L’IUFM a changé d’allure, il a des banderoles, des mots, des pancartes. Ce n’est plus techniquement si impossible à expliquer à l’opinion publique, enfin, ça l’est moins. On fait l’expérience de fabriquer ensemble.
Jeudi, la manif, l’IUFM est invité à défiler en tête de cortège. Nous sommes beaux comme des princes. Banderoles raffinées, masques, habits noirs, chants, slogans, unité. Bon, la sono est merdique. L’université n’a pas notre habitude. Il faut trouver des trucs comme « De la maternelle à l’université ». On sent bien que ce n’est pas pareil, mais l’attaque étant totale, la riposte est totale. De cela, chacun a conscience. Ce qu’on n’aimerait pas, c’est avoir défilé pour défendre les enseignants-chercheurs et eux seulement. Qu’ils gagnent et qu’on soit les dindons, selon les mauvaises manières de l’Histoire. Jeudi, on a crié, hurlé, fait du bruit. Une petite troupe de percussions fait des bruits de percussions. C’est moins que les mots. Ça fait une manif qui se dandine mais ça muselle. Infiltrés par des cagoulés. Au moment de la dispersion, nous sommes quelques-uns à craindre pour nos jeunes parce qu’ils sont allés dans un cul de sac et parce que l’on sait que la police a des ordres pour être dure. A Strasbourg, où les universités n’en ont fait qu’une, ça a lacrymé ferme quand ils ont manifesté leurs mécontentements à la ministre. Nous sommes inquiets et puis nous nous raisonnons. Ils sont grands, nos jeunes. Plus tard, à la maison, de coup de fil en coup de fil, on s’informe qu’il n’y a pas eu de dégâts.
Vendredi. La pluie, incessante, injuste. Une enseignante de l’IUFM avait décidé de faire son cours en plein air, sur la place des Terreaux, la plus belle place de Lyon, avec la fontaine Bartholdi et les terrasses et les jets d’eau, une place qui vous fait vous féliciter de ne pas habiter à la campagne. On en avait envie depuis un bon moment. Une autre enseignante s’est démenée pour que cela soit possible, règlementairement parlant. Nous étions plus de quarante, les étudiants ravis, à l’idée du cours autant que de sa forme. Mais, la pluie. Les journalistes devaient être là. Mais la pluie. Nous nous sommes dispersés. Une délégation de sept personnes a été reçue par l’adjoint au maire de Lyon en charge de l’Education. Reçus de façon courtoise et éclairée. Il y avait deux PE2, deux PE1 et trois enseignantes. De l’IUFM. Nous ferons un courrier pour appeler les élus de Lyon à nous soutenir. Nous avons préparé le courrier dans un café de la place des Terreaux, une belle place, vraiment, même sous la pluie. Il sera communiqué au collectif. Il faut que ça gagne, il faut qu’on gagne.

… Semaine d’une sacrée trempe.
Devant nous, les vacances de l’Académie de Lyon.
Ce que nous voulons ? Le meilleur ! Une formation des enseignants qui ne fasse pas fi du métier d’enseignant, une qualification qui corresponde aux faits (Bac +5), dans des écoles de formation de haut niveau, au sein d’universités qui n’auraient à combattre que contre l’ignorance.

vendredi 6 février 2009

Manifestation du 05 février 2009


Lors de la manifestation du 05 février 2009, chercheurs, professeurs et étudiants ont défilé dans la rue pour montrer leur opposition au gouvernement et aux réformes. Il y avait 230 manifestants dans le cortège de l'IUFM.

Lire l'article du progrès.



Reportage sur TLM sur la manifestation du 5

Un bon reportage, qui met assez bien l'accent sur les problèmes de formation des maitres
Voir le reportage

jeudi 5 février 2009

Atelier de fabrication de banderoles

Compte-rendu de l'Assemblée Générale du 04.02.09

Compte-rendu AG IUFM Lyon , du 4 février, 12h30 -13h30
Présents : amphithéâtre Kergo plein et personnes debout, PE1, PE2 et formateurs.
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1. Situation universitaire
- Le CA Saint Etienne s'est opposé à la remontée des maquettes.
-Les 3 présidents d 'université Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3 prennent position contre la remontée des maquettes.
-Congrès de Lyon du 3 février (consultatif) à la majorité pour le refus de remontée des maquettes
-Au niveau national, coordination nationale à Paris lundi, le mouvement s'étend à de nombreuses universités avec de fortes minorités actives. Les deux semaines qui viennent seront décisives.
Deux revendications principales :
1/ Retrait du projet sur le statut des enseignants chercheurs
2./ Retrait du projet de réforme de la formation des enseignants



2. Appel à une grève reconductible à Lyon 1 lundi puis à la nuit des iufm., mardi soir.

-Actions, distribution de tracts et informations dans les cours et amphis ce mercredi matin.

3. Débat sur les modalités de la grève.
-Actions fortes pour jeudi, temps fort.
- A voter : Arrêt total de l'iufm jeudi ou Arrêt et aménagements pour les classes de concours, capes notamment qui approche ( cours et capes blanc).
-Pas d'émargement, les boursiers ne pourront être pénalisés.
Vote : arrêt, actions massives et informations un moment dans les cours qui ont lieu dès 8h 30 dans tous les sites.
Participation à la manifestation Place desTerreaux demain après midi jeudi : masques blancs, habillés en noir, banderoles iufm et tracts. Apporter des draps blancs pour les banderoles.

- Vendredi : cours d'amphi place des Terreaux 13H30. Venir avec un siège.

Problème des jours comptés pour la grève si grève vendredi et jour de la rentrée ?

AG le lundi 23 février de la rentrée pour faire le point en fonction de l'évolution de la situation. Toutes les académies ne sont pas en vacances en même temps.

- 2 personnes, un prof et un étudiant vont à Paris au 2 ème regroupement du collectif parents-enseignants , le 7 février.
Lien essentiel parents- école- universités- iufm.

-Création d'un blog (voir info ci-dessous) où seront les informations essentielles. Trop d'infos tue l'info.

- QG fixe d'information, dans une salle qui est demandée.
- Création d'un comité de grève ( intercatégoriel avec membres du collectif et syndicalistes) qui :
-gère les informations et la communication
-organise une caisse de solidarité
- gère la cagnotte pour dépenses diverses et voyages à Paris (une boîte circule dans l'amphi)
- pointage des cours non assurés montrant l'ampleur de la mobilisation.

-Aujourd'hui article dans Le Progrès.
-Article en ligne sur l'école des journalistes.
infos sur le site http://www.keskiscpass.com/

Message des Rased présents : "Soyez têtus ! "

PE2 : Responsabilité grève iufm.. Ne pas se mettre en danger sur les stages massés ou filés, ni pour les mémoires et C2i ..

- Pétitions à faire circuler partout, notamment auprès des parents.

Autres idées :
-Occuper des lieux symboliques, chambre de commerce et industrie, inspection académique, rectorat (difficile !)
-Aller voir éditeurs qui vivent des concours et examens.
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A la suite de l'AG, deux documents à faire circuler ont été créés:



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  1. DANS 3 ANS…
    Septembre 2012 :
    Bonjour, je m’appelle Xavier. Je viens de valider mon Master 1 à l’université
    Lyon1. Il faut maintenant que je réussisse la dernière ligne droite : la plus
    compliquée !... j’angoisse déjà.
    Les six premiers mois, je vais ‘bachoter’ à fond pour réussir les écrits du concours
    de recrutement de professeur des écoles. Théorie, théorie, encore théorie…Pas de
    pédagogie, pas de didactique…
    Si j’y arrive, me voilà parti pour le dernier semestre de stress :
     je prépare les oraux du concours,
     je dois rendre un mémoire universitaire,
     je vais suivre les cours,
     je dois valider mon dernier semestre de Master2
     je dois assumer un stage en responsabilité d’un jour par semaine dans une
    école élémentaire (privilège accordé à certains) ; 40 élèves de CM2 en
    zone difficile.
    Tout ça en 5 mois. Comment tenir ? Deux heures de sommeil par nuit ...
    Première possibilité : si je n’y arrive pas (écrits ou oraux) , je vais de ce pas
    m’inscrire en « agence d’intérim de l’Education Nationale » ; moi qui n’ai jamais
    eu de classe, je deviens remplaçant de la Grande Section de maternelle à la 3eme
    (Segpa, Upi…)
    Seconde possibilité : j’ai réussi !!! dès la prochaine rentrée me voilà titulaire
    d’une classe de 30 à 40 élèves avec derrière moi quelques heures de formation…
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2.


La nuit des IUFM du côté de Saint Etienne...

Plus de 80 participants sans compter étudiants et profs de la fac qui sont passés ont participé à cette nuit des IUFM.
Soirée riche en échanges et informations. De nombreux PE1, quelques PE2, profs de l'IUFM, T1 et T2, PEIMF, documentaliste ont pu débattre sur les méfaits de la réforme de la formation des enseignants.
Un groupe d'étudiants a exposé les difficultés de l'université et les mobilisations à venir.

Après un temps convivial où chacun s'est restauré.

Les désobeisseurs et d'autres profs des écoles ainsi que des enseignants des RASED ont exposé les réformes Darcos du premier degré et les différentes mobilisations dans le département.
La soirée s'est poursuivie jusqu'à tard dans la nuit.
Un petit groupe d'étudiants a dormi dans les locaux. Il a été décidé de programmer une AG dès le retour des vacances.

Commentaire personnel : Cette soirée a permis de clarifier le enjeux de la réforme ainsi que d'échanger sur les modes d'action. C'est un premier pas....
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YVES SCANUEN
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blog résistance pédagogique Loire: http://www.resistance-pedagogique-loire.org/categorie-10675268.html



Aricle publié par Le Progrès le 03.02.09 Cliquez ici pour voir l'article en ligne





Article publié par le Progrès le 04.02.09 Cliquez ici pour voir l'article en ligne